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Pièce nº Rey17750818

Type Lettre
Identifiant Rey17750818
Date de composition 1775-08-18
Certitude sur la date haute
Date de réception /
Expéditeur Rey, Marc Michel
Destinataire Weissenbruch, Charles-Auguste-Guillaume de
Lieu d'envoi Amsterdam
Lieu de réception Bouillon
Adresse /
Lieu de conservation Liège, Bibliothèques de l'Université
Cote Fonds Weissenbruch, Farde 21.16
Cote (copie) /
Imprimé /
Edition /
Autographe oui
Signature oui
Renvois /
Incipit Puisque vous voulés, mon fils, conduire ma famille,
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Amsterdam, 18 août 1775 1

Puisque vous voulés, mon fils2, conduire, ma famille quelque part3, ne pourriés vous pas leur faire voir Mont-Dieu4, chartreuse au milieu d’un bois à 3 lieue de Sedan5 comme etant une des plus belles maison qu’il y ait de cet ordre, je n’en parle qu’à vous et je n’en parlerai à personne, ainsi que si cela ne vous convient pas tout est dit.

Dites S.V.P. à Mr l’abbé de saint-Hubert 6 que j’ay fait traduire et imprimé son memoire sur les carnets de Saint-Hubert7 et que je n’attends que le nom de son commissionnaire de Louvain pour les lui expedier, j’ay remis à nos femmes8 une lettre pour lui mais je n’en ay pas de nouvelles.

Ma femme se loue extremement de vous mon cher et je vous en fait mon compliment, je suis charmé que ce voyage aye au moins produit ce bon effet9.

Il est bien que les Harangs soyent arrivés c’est un petit present que je vous fait pour le reste je n’en ay point encore reçeu de compte.

Je n’ay point encore reçeu les Journeaux10 mais j’espère qu’ils arriveront au plutot. Vous avés bien fait de ne point perdre de vue vos ouvriers, Rousseau 11 vous en saura gré. [2]

Il y a apparence  de que a votre homne de Valencienne12 ne veut point faire d’affaire avec moi, car je n’en ay point eu de nouvelles.

Mes amitiés S.V.P. à Mr et à Mad. Rousseau 13 quand vous leur écrirés.

Avés vous joint aux Journeaux pour moi les 30 exemplaire pour l’auteur de la piece que vous devés y avoir inseré, cet ami m’a écrit plusieurs fois à ce sujet, je n’ay pas voulu vous en embarrasser autant de fois b sachant que dans le tems je vous en ay informés et je l’ay dit à Mr Rousseau en lui remettant la piece sil en fesoit usage, il auroit raison après cela de le prendre en mauvaise part, dites moi ce qui en est afin que je puisse lui dire quelque chose si malheureusement vous aviés oublié d’imprimer ces 30 exemplaires séparement, voila ma reponse à la votre du 12 août14.

Ce 18

Tout à vous.

Rey

Notes sur le manuscrit

a Écrit au-dessus de la ligne

b Ajouté au-dessus de la ligne.

Notes

1 La date de la lettre peut être déterminée grâce à la correspondance de Charles Weissenbruch qui permet de dater le voyage de la famille de Rey à Bouillon. Le dimanche 9 juillet 1775, Marguerite Jeanne Rey Weissenbruch, en vacances chez ses parents depuis le mois de mai (voir Rey17750507) est rentrée d’Amsterdam accompagnée de sa mère Elisabeth Rey et de ses deux sœurs Suzanne Madeleine Rey (1762-1777) et Julie Elisabeth Rey (1764-1794). La famille Rey s’installe à Bouillon dans la demeure de Pierre Rousseau qui « habite tous les ans Paris près de huit mois de l’année » (Lettre de Pierre Rousseau à Charles Weissenbruch, Fonds Weissenbruch, Farde 10.12 https://donum.uliege.be/handle/source/weissenbruch). Dans une lettre du 13 juillet 1775 (Fonds Weissenbruch, Farde 18.2 https://donum.uliege.be/handle/source/weissenbruch), Charles Weissenbruch écrit à Pierre Rousseau « Mad[ame] Rey est très polie, elle paroit contente d’être à Bouillon […] elle me charge de vous faire ainsy qu’à Madame Rousseau mille remerciemens de ce que vous avés bien voulu permettre qu’elle loge chez vous ». Le 13 septembre 1775 (Fonds Weissenbruch, Farde 18.3 https://donum.uliege.be/handle/source/weissenbruch), Charles Weissenbruch écrit à Pierre Rousseau que « Mme Rey avec ses enfans […] sont partis. ».

2 Charles Auguste Weissenbruch a épousé la fille de Marc Michel Rey, Jeanne-Marguerite le 21 juillet 1771. Voir le certificat de mariage Rey17710721d.

3 Madame Rey et ses filles sont installées à Bouillon chez Pierre Rousseau depuis le début du mois de juillet 1779 (voir note 1).

4 Il s’agit de la Chartreuse du Mont-Dieu dans les Ardennes, premier monastère construit par saint Bruno en 1132, reconstruit sous Louis XIII. Au XVIIIe siècle, le bâtiment abritait de nombreuses installations (granges, brasserie, forges) et possédait une remarquable architecture.

5 Cette expression est tirée mot pour mot du volume 4 de la Géographie universelle de Büsching (La Haye et Strasbourg, Pierre Gosse Junior et Daniel Pinet, 1768, 8°).

6 Nicolas Spirlet (1715-1794) né à Verviers (Belgique), est entré à l'abbaye de Saint-Hubert en 1733 et est ordonné prêtre en 1739. Durant la guerre de succession d'Autriche, la communauté monastique se déchire entre pro-Français et pro-Autrichiens. Spirlet rejoint les Pays-Bas autrichiens et se rapproche de gouvernement général des Pays-Bas qui l'utilisera comme agent. Il fait le voyage de Vienne, achève sa formation à Louvain et réside à Bruxelles jusqu'à son élection à l'abbatiat de Saint-Hubert, en 1760, souhaitée par le gouvernement de Bruxelles. C'est sans doute durant ses années bruxelloises que Spirlet a fait la connaissance de Rey, à moins qu'il ne l'ait rencontré à Bouillon par l'intermédiaire de Pierre Rousseau ou de Charles Weissenbruch qui figurent parmi ses correspondants et fournisseurs. Nous remercions Frederick Vanhoorne pour tous ses éclaircissements sur Spirlet et l’abbaye de Saint-Hubert. Sur Spirlet, voir M. Dessoy, « L’énigmatique Dom Nicolas Spirlet, abbé contesté de Saint-Hubert », Saint Hubert d’Ardenne, Cahiers d’histoire, 1980, t.IV, p. 60-69 ; F. Vanhoorne, « L'empreinte des Lumières dans le Luxembourg : les curiosités intellectuelles de Nicolas Spirlet, dernier abbé de Saint-Hubert (1715-1794) », Bulletin de Dexia Banque, Dexia Banque, n°212, 2000, p. 109-123 ; Olivier Vanderhaeghen, « La correspondance de dom Nicolas Spirlet, dernier abbé de Saint-Hubert, avec Patrice-François de Neny, chef-président du Conseil privé des Pays-Bas autrichiens (1760-1782) », Bulletin de commission royale d’histoire, 2006, n°72, p. 5-221. Dans la lettre du 13 septembre 1775 (Fonds Weissenbruch, Farde 18.3 https://donum.uliege.be/handle/source/weissenbruch), Charles Weissenbruch écrit à Pierre Rousseau qu’il a accompagné la famille de Rey chez l’abbé de Saint-Hubert, malgré ses réticences.

7 L’identification de ce « mémoire » n’est pas aisée. Les « carnets » renvoient peut-être aux livrets de pèlerinage de l’abbaye que Spirlet a fait traduire en néerlandais et imprimer par Rey. On lit en effet dans la lettre du 22 juin 1778 de Spirlet à Rey : « mon correspondant de Louvain avait oublié de m’adresser les cinq cents exemplaires des Billets de Saint Hubert avec les beaux livres qui les accompagnaient. Ce paquet ne m’est parvenu qu’après la mort de ce correspondant qui vraisemblablement a différé de me l’envoyer jusqu’à ce qu’il fût à même de m’envoyer quelque argent qu’il me devait et dont il a emporté la quittance ». Quelques lignes plus loin, Spirlet ajoute que Rey n'aurait pas dû lui envoyer une lettre de change pour payer les bijoux que Spirlet lui fait confectionner par son orfèvre car « je vous suis déjà redevable pour les exemplaires flamands de la neuvaine de saint Hubert que vous avez eu la bonté de m’envoyer » (Lettre du 22 juin 1778, Archives de l'Etat à Saint-Hubert, Fonds de l'abbaye de Saint-Hubert, n° 1574, p. 164-165 et Rey17780622c). (Merci à Frederick Vanhoorne pour son aide sur ce point). Voir également sur les livrets de pèlerinage de Saint-Hubert, Daniel Droixhe, « Le livret de pèlerinage à Saint-Hubert, la rage et la raison » dans Le Cri du public : Culture populaire, presse et chanson dialectale au pays de Liège (XVIIIe-XIXe siècles), Le Cri, 2003.

8 Il s’agit d’Elisabeth Rey, épouse du libraire, et de Jeanne-Marguerite Rey, épouse de Charles Weissenbruch.

9 Elisabeth Rey était très réticente envers le mariage de sa fille avec Charles Weissenbruch. Voir les lettres Rey17710400, Rey17710503, Rey17710524, Rey17710603, Rey17710612 et Ch. Bahier-Porte et F. Vial-Bonacci, « Le commerce du livre à la lumière de la correspondance –M. M. Rey, P. Rousseau et Ch. Weissenbruch », Archives royales de Belgique, 2018. Dans la lettre du 13 juillet 1775 à Pierre Rousseau (Fonds Weissenbruch, Farde 18.2 https://donum.uliege.be/handle/source/weissenbruch), Charles Weissenbruch écrit : « Mad. Rey est très polie, elle paraît contente d’être à Bouillon, elle met de la douceur et de l’honnêteté dans sa conduite et c’est tout ce que je lui demande ».

10 Il s’agit des journaux publiés à Bouillon dont le Journal Enyclopédique est le plus célèbre. La Société typographique de Bouillon publiait également La Gazette salutaire (1761-1793)et La Gazette des gazettes ou Journal politique (1764-1793). Charles Weissenbruch est entré dans la Société Typographique de Bouillon depuis 1769 et il en est le directeur des journaux.

11 Pierre Rousseau.

12 Rey se plaint déjà à Charles Weissenbruch de l’absence de réponse de ce libraire de Valenciennes, dans la lettre du 13 juillet 1775 (Rey17750713).

13 Il s’agit de Pierre Rousseau et de son épouse.

14 Cette lettre est manquante.